Brigitte CAVADIAS

Enseignante de Altevi (Alexander Technique and Vision)

Brigitte Cavadias a pratiqué la Méthode Bates en apprentissage avec Miss Evelyn B. Sage à Londres entre 1989 et 1992, date à laquelle elle a reçu son certificat d'enseignante. La même année, elle a été qualifiée en tant que professeur de la Technique F.M. Alexander.

Depuis ce temps, elle a enseigné à Paris, puis en Provence où elle a déménagé en 1995. En plus de ses cours individuels, elle conduit de nombreux stages en France, Suisse, Royaume Uni, Suède, Finlande, Italie. En parallèle, depuis janvier 2004, elle enseigne également à Londres et donne des cours de vision à l'Ecole de formation professionnelle de la Technique Alexander de Queen's park (http://homepage.ntlworld.com/ilana.m/attcqp.htm).

Pour Brigitte, la Méthode Bates propose des moyens d'améliorer la vision sans jamais isoler la fonction visuelle de l'ensemble de la personne. A l'aide de jeux, d'exercices, de discussions, d'anatomie, de visualisations, de relaxation, elle explore avec ses élèves tous les aspects de leur manière de voir, qui va pour elle de pair avec l'exploration de leur façon d'être et de se mouvoir, de vivre, en somme !

 

Elle a également été diplomée par Tom Quackenbusch en 201.

 

Brigitte CAVADIAS

Enseignante de Altevi (Alexander Technique and Vision)

22 Briston Grove London N8 9EX Londres, UK

bcavadias[@]me.com

www.altevi.com

Bates et Alexander : Le lien

William Horatio Bates - Frederick Matthias Alexander. Deux contemporains à la charnière du 19ème et du 20ème siècle, et qui semblent pourtant ne pas s'être beaucoup appréciés mutuellement. Deux méthodes, toutes deux révolutionnaires dans leur domaine : l'une dédiée à l'amélioration naturelle de la vision en évitant les lunettes, l'autre dans l'instauration d'un meilleur " usage de soi " ; usage qu'on peut atteindre et maintenir par la conscience d'un rapport dynamique entre la tête pourtant si lourde, le cou et l'ensemble de la colonne vertébrale, cet " usage de soi " que tous les très jeunes enfants possèdent à leurs premiers pas. Deux philosophies, toutes deux basées sur un principe d'unité du physique et du mental (de nos jours on dirait des approches holistiques). Ces deux contemporains partageaient la même foi en l'Homme, certains qu'il n'était pas condamné à faire face à une vision de plus en plus restreinte, ni à souffrir des maux, des tourments et des déficiences toujours plus grandes, l'âge venant. Tous deux confiants que l'Homme a le pouvoir de retrouver un usage juste, naturel et harmonieux de son corps et de ses yeux.

Après avoir consulté bien des docteurs sans trouver auprès d'eux de réponses, tous deux arrivèrent à la conclusion qu'ils faisaient avec leur propre corps quelque chose de particulier qui entrainait l'apparition de leur problème spécifique, en l'occurrence chez Dr Bates, une presbytie avancée, chez Alexander, un enrouement récurrent pouvant aller jusqu'à l'aphonie dès qu'il commençait à réciter Shakespeare sur scène.

Tous deux remirent en question ce qu'ils avaient appris professionnellement (prescription et utilisation de lunettes comme unique traitement des problèmes de vue d'un côté, utilisation de certains poses comme propres à la récitation de texte de l'autre), puis de manière plus précise, ce que chacun faisait dans la vie quotidienne avec ou ses yeux ou sa voix.

 

Le Dr Bates a passé des jours et des jours à étudier son accommodation visuelle avec l'aide d'un ami à qui il avait appris à utiliser un rétinoscope. FM Alexander a passé des années à s'observer dans des miroirs pendant qu'il parlait ou récitait…

Ayant cerné le danger à vouloir un résultat immédiat (lire ou réciter), danger que Dr Bates appelait " strain to see " (tension pour voir) et que FM Alexander baptisa, lui, " end gaining " (vouloir aller droit au but), chacun bâtit sa méthode pour résoudre son problème particulier.

En étudiant des personnes ayant une vision normale, le Dr Bates constata à quel point elles bougeaient leurs yeux aisément et regardaient partout sans tension. Aussi, un des premiers points de cette méthode est la relaxation des yeux incluant une mobilité sans effort comme un des ingrédients essentiels d'une bonne vision. Suivant cette idée, le Dr Bates imagina pour lui-même un jeu pour se débarrasser de son accommodation erronée que le rétinoscope avait maintes fois révélée. En effet, quand il pensait que ses yeux accommodaient sur un point proche, ils faisaient en fait l'inverse et accommodaient loin, et vice-versa. Voici le jeu : sur un des murs était accrochée une photographie du rocher de Gibraltar. Le Dr Bates ne pouvait lire les petites lettres du texte en dessous de la photo, mais il pouvait discerner des petits points noirs sur le rocher. Il imagina que ces points étaient des grottes où des gens vivaient. Pendant des jours et des jours, il imagina longuement toutes les activités de ces gens jusqu'à ce qu'à un moment, il constate qu'il pouvait lire le texte sans même essayer de le faire : les lettres venaient à lui ! Usant de son imagination, il avait réussi à détendre ses yeux et son esprit et avait ainsi pu changer la " mauvaise " et inconsciente habitude d'accommodation de ses yeux.

 

A l'autre bout du monde, FM Alexander, en face des ses miroirs, avait aussi trouvé bien des choses : dès qu'il s'apprêtait à réciter, son habitude était de mettre sa tête en arrière tout en bombant le torse, d'abaisser le larynx et de rétrécir la largeur du dos, le tout diminuant sa stature. Il estima que là résidait la cause de son trouble vocal et que tout commençait quand il mettait sa tête en arrière. Observant son reflet, il pouvait constater qu'il mettait la tête en arrière (et que tout le reste s'enchaînait : larynx abaissée, poitrine gonflée, stature diminuée) comme par réflexe dès qu'il avait seulement la pensée d'émettre un son ! Il lui parut évident que c'était à ce moment-là qu'il empêchait le fonctionnement naturel et harmonieux de l'ensemble tête-cou-dos. A ce point de son histoire et après une longue période d'essais et d'erreurs, il eût un double trait de génie : il imagina de projeter mentalement une suite d'instructions (qu'il nomma ordres ou directions) de façon à maintenir la relation cou-tête-dos harmonieuse et vivante avant d'agir et tout au long de l'action (dans son cas, parler ou réciter). Bien plus, il découvrit que pour réussir à donner et à maintenir ces instructions mentales, il devait d'abord arrêter complètement sa réaction habituelle à la simple pensée de réciter.

 

Différant du Dr Bates, FM Alexander n'essayait pas de tromper une habitude inconsciente, il prenait la décision radicale de la stopper consciemment. Il appela cet arrêt : inhibition. A première vue il semble évident que chaque méthode peut bénéficier de l'autre. En effet, si ma tête repose librement en équilibre au sommet de ma colonne vertébrale, si je ne retiens pas mon souffle, si mon sang circule librement dans mon corps mouvant, tout mon organisme, y compris mes yeux, mon cerveau et ma vue vont s'en trouver mieux. A leur tour, mes yeux détendus vont aider mon cou à être libre et ma posture à s'améliorer ; un cercle " vertueux " va s'instaurer. Mais si nous examinons plus en détails chacune des deux méthodes, nous verrons que leurs points communs sont plus subtils. Aldous Huxley, qui prit beaucoup de leçons avec FM Alexander et rééduqua sa vue avec Margaret Darst-Corbett, elle-même élève du Dr. Bates, écrit dans " L'Art de Voir " "...l'important c'est de se rappeler que la prévention vaut mieux que la cure et qu'en consacrant quelques minutes à se relaxer on peut éviter beaucoup d'heures de fatigue visuelle et de baisse de vue. Dans le langage de FM Alexander nous sommes tous impatients d'aller " droit au but " sans prêter attention aux " moyens par lesquels " nous parviendrons à nos fins. Et pourtant, si on y pense, il est évident que la nature des moyens employés va déterminer la nature du résultat obtenu.

 

Dans le cas des yeux et de l'esprit qui les contrôle, tout moyen employé dans un état de tension produira une fatigue physique et mentale et une médiocre vision. En nous accordant des moments de relaxation adéquate nous améliorerons les moyens par lesquels nous atteindrons facilement notre but qui est dans un premier temps, voir bien et, dans un deuxième temps, accomplir les tâches pour lesquelles il est indispensable de bien voir. " (1)

Bien évidemment, la relaxation adéquate mentionnée ici fait référence au " palming ", mais remarquons que tous les exercices de la Méthode Bates sont destinés à faciliter la vision sans effort ; ils ne constituent pas une gymnastique qui va directement améliorer la vue : ils vont créer les conditions (calme, détente, mobilité) dans lesquelles la " bonne vue " va apparaître. Dans ce sens, ce sont les " moyens par lesquels " n'importe quelle action projetée peut se produire naturellement, facilement, sans effort et avec succès, comme c'est souvent le cas en pratiquant la Technique Alexander. Il est vrai que le concept d' " inhibition " dans le sens d'un arrêt avant d'agir n'est pas mentionné dans la Méthode Bates, mais il est également vrai qu'il faut arrêter la façon habituelle de regarder et de voir si l'on veut que quelque chose change… En effet, il paraît évident que les exercices visuels peuvent seulement nous aider à mieux voir… si nous oublions que nous les faisons pour mieux voir, autrement dit si nous nous détachons totalement du résultat, jusqu'à ce que le résultat arrive de lui-même.

Il est aussi complètement possible d'appliquer à la lettre la Technique Alexander à notre façon d'utiliser nos yeux, en identifiant nos habitudes visuelles, en nous arrêtant de forcer nos yeux (par exemple en cherchant un numéro de téléphone) en prenant notre temps, en respirant… et en nous donnant ainsi la possibilité de voir peut-être d'une façon nouvelle et inattendue.

Rien ne nous empêche d'utiliser pour notre profit la profonde complémentarité de ces deux méthodes.

 

J'enseigne l'Art de Voir, Méthode Bates depuis 1992


Prochains stages :


Contact :

Veuillez entrer le code:

Note : veuillez remplir les champs marqués d'un *.