'Better Eyesight Magazine' - Mars 1921 :

Un cas de décollement de la rétine

'Better Eyesight Magazine' de mars 1921 - décollement de la retine - association l'art de voir méthode bates en france

 

 

Better Eyesight Magazine - Mars 1921 - 

Un cas de décollement de la rétine

par Clara E. Crandall

 

Il y a 25 ans, Samuel D. reçut dans son oeil gauche un clou jeté négligemment d’un toit et, dix-neuf ans plus tard, alors qu'il fendait du bois, une branche le frappa au visage, blessant le même œil. 

 

Apparemment, aucun de ces deux accidents n’eut de sérieuses conséquences mais environ un an après le deuxième, le patient remarqua que sa vue baissait. Il consulta un ophtalmologue pensant qu’ll avait probablement besoin de lunettes mais on lui déclara qu'il souffrait d’une inflammation de l’iris. On lui donna des gouttes pour remédier à cette situation qu’il utilisa pendant un mois; le 12 mai 1916 alors qu'il travaillait au jardin, il devint soudainement complètement aveugle de son œil gauche. Il s’agissait d’un décollement de la rétine et l’ophtalmologie qu’il consulta l'envoya immédiatement à l'hôpital afin de lui faire subir un examen complet. On lui fit une radio des dents et on lui conseilla de se faire enlever les amygdales. Il dut ensuite rester huit semaines sans bouger, allongé à plat sur son dos. 

 

À la fin de cette période, on remarqua que la rétine suite à ce repos total s'était partiellement rattachée et sa vision s'était, dans une certaine mesure améliorée. Espérant encore améliorer cette situation, les docteurs opérèrent l’oeil mais sans succès . Deux semaines plus tard, une seconde opération fut réalisée suite à laquelle l'oeil devint à nouveau totalement aveugle. L'état de l'œil gauche était compliqué par une cataracte traumatique et sénile qui se développait maintenant dans l’oeil droit. On l'envoya dans un autre hôpital au cours de l'automne afin d’être à nouveau examiné mais les médecins décidèrent qu'ils ne pouvaient plus rien faire pour lui.

 

C'est ainsi, qu’avec un œil complètement aveugle et une cataracte qui obscurcissait rapidement sa vue sur l'autre œil, Samuel reprit son travail de jardinier essayant de se résigner à l'idée “d'un futur dans le noir”. Durant des mois et des mois il lutta; mais cela devenait de plus en plus difficile de faire son travail et il sentait bientôt venir le moment où il devrait renoncer à son métier. Il souffrait très fortement de ce stress qui consistait à essayer de voir et il se plaignait d'avoir tout le temps un éclair jaune dans l'œil aveugle ainsi que nombre d'autres symptômes très désagréables qui, selon lui, interféraient également avec la vue de son œil droit. 

 

Samuel avait été  au service de ma famille bien des années avant sa soudaine attaque de cécité; aussi, à l’occasion d’une visite au docteur Bates pour me faire soigner de quelques problèmes oculaires personnels et entendant parler des remarquables succès de guérison qu’il obtenait avec sa méthode, je me suis dit que peut-être il pourrait faire quelque chose pour Samuel. Cet espoir sembla vain à ce dernier, mais comme c’était également le seul, il fut d'accord de se rendre à la fin du mois de mai à la clinique du docteur Bates à l'hôpital de Harlem.

 

À ce moment-là, il ne percevait toujours aucune lumière dans l'œil gauche et avec l’oeil droit, il était incapable de lire la plus petite lettre sur l’échelle de lettres test à 30 centimètres tandis que même les lettres les plus grandes lui semblaient grises et floues. Le docteur Bates lui déclara que les cataractes pouvaient être guéries et l'encouragea à croire en une amélioration de sa condition même pour ce qui était du décollement de la rétine. Il lui conseilla de se débarrasser des lunettes noires qu'il portait, de faire du palming aussi souvent et aussi longtemps que possible, de boire douze verres d'eau par jour, d'imaginer et de faire des flashs sur les lettres de l’échelle de lettres Snellen et d'imaginer tout son environnement y compris lui-même, en. train de se balancer.

 

Samuel suivit ces instructions à la lettre et, en un laps de temps très court, la tension et les autres symptômes dont il souffrait furent fortement soulagés. La vue de l'œil aveugle s'améliora progressivement. A sa première visite, il fut capable de distinguer la lumière; ensuite, il perçut l'image de l’ombre portée par un objet en mouvement d'abord seulement quand elle était dirigée du côté gauche de son visage mais ensuite dans toutes les parties de son champ de vision. La perception de la lumière dans l'œil aveugle avait augmenté petit à petit et la vision s’était tellement améliorée que maintenant, à une distance de 4 mètres, il pouvait voir un objet en mouvement avec une forte lumière tandis que, de près, il lui semblait même que parfois il pouvait entrevoir un petit peu la plus grande lettre de l’échelle de lettres Snellen. Avec l’oeil droit, il pouvait lire les plus petites lettres de l’échelle de près et elles étaient noires et distinctes. À 4 mètres, il pouvait en avoir un flash. 

 

Parmi les personnes qui ont pu bénéficier des remarquables découvertes du docteur Bates, personne n’est aussi reconnaissant que Samuel : maintenant au lieu de regarder l'avenir en aveugle dépendant des autres, il est devenu capable de reprendre sa vie en main avec un regain de courage et d’intérêt, confiant que s'il continue fidèlement le traitement, il obtiendra à la fin une bonne vue des deux yeux.

 

 

 Traduit par l'Association l'Art de Voir

 

 

 

 

 

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