Qui était le Dr. William Bates ?

Bien que médecin, le docteur Bates ne proposait ni cure ni traitement mais un processus éducatif pour prévenir et améliorer la presbytie, la myopie, l'astigmatisme, l'hypermétropie, le strabisme chez les enfants et les adultes sans recourir aux lunettes...

En 1920, le docteur Bates publia un ouvrage, encore indisponible en Français, énonçant les conclusions de ses recherches. Depuis, de nombreux auteurs ont repris sa méthode en ajoutant leurs propres exercices. Dans son ouvrage "L'Art de Voir ", (Ed. Payot), Aldous Huxley, lui-même bénéficiaire de cette méthode, rend hommage au docteur Bates. Presque aveugle à l'âge de 16 ans, il put récupérer une bonne partie de sa vue par la pratique assidue de la méthode Bates.

Son ouvrage " L'Art de Voir " en décrit les techniques, tout en explorant les fondements philosophiques de leur efficacité.

La méthode Bates a eu bien des détracteurs.Toutefois les enseignants de la méthode qui ont eux-mêmes vécu l'expérience d'une amélioration de la vue, souvent accompagnée d'un profond changement personnel, chez eux-mêmes ainsi que chez leurs élèves, lui apportent tout le crédit de résultats cliniquement vérifiables.

" Il est aussi naturel pour l'oeil de voir, que pour l'esprit d'acquérir des connaissances, et toute contrainte dans les deux cas est non seulement inutile, mais constitue un échec de la finalité " (Dr. W. H. Bates)

 

Quelques extraits du livre fondateur du Dr. Bates (Traduction Association L'Art de Voir 2007) " The Cure of Imperfect Sight by Treatment without Glasses ":

"En examinant des milliers d'yeux par an à l'Hôpital des yeux et des oreilles de New York (New York Eye and Ear Infirmary) et dans d'autres institutions, j'ai observé de nombreux cas pour lesquels les erreurs de réfraction se résolvaient d'elles-mêmes ou changeaient de forme ; j'étais incapable de les ignorer comme de me satisfaire des explications orthodoxes, quand il y en avait. Il me semblait que si un énoncé est vrai, il doit être, sans exception, toujours vrai. Si les erreurs de réfraction sont incurables, elles ne devraient ni se corriger ni changer de forme spontanément. "

" Pendant trente années dédiées à l'étude de la réfraction, j'ai rencontré peu de gens capables de maintenir une vision parfaite, c'est-à-dire sans erreur réfractive pendant plus de quelques minutes, même dans les conditions les plus favorables. Et souvent, j'ai vu la réfraction changer une demi-douzaine de fois ou plus en l'espace d'une seconde, les variations allant de vingt dioptries de myopie à un état normal.

De même, je n'ai pas rencontré de sujet dont l'œil présentait des erreurs de réfraction continues ou stables. "

" Mes propres observations indiquent que la réfraction change continuellement chez les enfants. "

" Ce qui est vrai chez les enfants et les bébés l'est aussi chez les adultes de tous âges. "

" Quand l'œil regarde un objet qui ne lui est pas familier, il se produit toujours une erreur de réfraction, ce qui explique la fatigue bien connue causée par la vue de peintures, ou autres objets, dans un musée. Les enfants à la vue normale qui peuvent lire parfaitement des petites lettres d'un peu plus d'un demi-centimètre à 3 mètres de distance, rencontreront toujours des problèmes pour lire des écritures inconnues sur le tableau, même si celles-ci mesurent 5 cm de haut. Une carte inconnue, ou toute autre carte, aura le même effet. "

" Dans des conditions d'inconfort mental ou physique, telles que douleur, toux, fièvre, inconfort lié à la chaleur ou au froid, conditions de dépression, de colère ou d'anxiété, il se produit toujours des erreurs de réfraction pour l'œil normal, erreurs qui augmentent pour l'œil dans lequel elles existent déjà. "

" Le fait que les lunettes ne redonnent pas une vue normale peut être démontré très simplement en regardant n'importe quelle couleur à travers un verre fortement concave ou convexe. On remarquera que la couleur est toujours moins intense qu'à l'œil nu et, puisque la perception des formes dépend de la perception des couleurs, il s'ensuit qu'on distingue moins bien la couleur et la forme avec des lunettes que sans. Même les verres plats diminuent la vision de la couleur et de la forme, comme ceux qui ont déjà regardé par une fenêtre le savent. Les femmes qui portent des lunettes pour des défauts visuels mineurs observent souvent que cela les rend plus ou moins aveugles aux couleurs ; on peut d'ailleurs remarquer qu'elles enlèvent leurs lunettes quand elles veulent assortir des échantillons dans un magasin. Cependant, si la vue est gravement déficiente, les lunettes permettent de mieux voir les couleurs. "

" Quand l'œil est livré à lui-même, les erreurs de réfraction ne sont jamais constantes.

S'assurer une bonne vision à l'aide de verres concaves, convexes ou astigmates signifie maintenir constamment un degré d'erreur réfractive qui autrement ne serait pas constant.

" Une fois que l'on commence à porter des lunettes, il faut dans la plupart des cas augmenter régulièrement la force des verres afin de maintenir le degré d'acuité visuelle assuré par la première paire. Les personnes presbytes qui portent des lunettes parce qu'elles ne peuvent pas lire des petits caractères découvrent trop souvent qu'après les avoir portées un moment, elles ne peuvent plus, sans leur aide, lire les plus gros caractères qui leur étaient auparavant parfaitement clairs. "

" Quand des personnes cassent leurs lunettes et vivent sans pendant une ou deux semaines, elles observent fréquemment que leur vue s'est améliorée. En fait, la vue s'améliore toujours à un degré plus ou moins important quand les lunettes sont abandonnées, bien que ce fait ne soit pas toujours noté. "

"Toutes les lunettes contractent le champ de vision à un degré plus ou moins important."

" Les anomalies de réfraction changent continuellement, de jour en jour, d'heure en heure et de minute en minute, même sous l'influence de l'atropine. Le réglage approprié des lunettes est donc évidemment impossible. Dans certains cas, ces fluctuations sont si extrêmes, ou le patient est si insensible à la suggestion mentale, que les lunettes correctives n'apportent aucun soulagement, ce qui devient nécessairement un inconfort supplémentaire. Dans le meilleur des cas, on ne peut maintenir que les lunettes sont plus qu'un substitut non satisfaisant de la vision normale. "