Un cas de cataracte, consultation à la clinique du Dr Bates

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Better Eyesight Magazine - janvier 2021

Un cas de cataracte, consultation à la clinique du Dr Bates

Par Emily Lierman

 

En juillet dernier, un homme d’une quarantaine d’années se présenta à la consultation, se plaignant de cataracte et autres problèmes complexes. Lorsque je vins vers lui, il était en train de pratiquer le palming, chose étrange pour un inconnu. Il s’inspirait manifestement de ce que les autres faisaient , considérant que si cela leur faisait du bien, cela pourrait également l’aider. Debout devant lui, je lui demandai : « Que puis-je faire pour vous ? »

Il ne réagit aucunement et je découvris rapidement qu’il était sourd et tellement qu’il fallait presque crier dans son oreille gauche, la meilleure, pour se faire entendre de lui. Quand j’y parvins enfin, il me demanda :

 

« Pourrez-vous réellement faire quelque chose pour moi ? »

« Avec votre aide, peut-être, » lui répondis-je et lui demandai de me décrire son histoire :

 

A l’âge de six ans, il avait fait une chute dans un escalier, se cognant la tête contre un barreau, ce qui provoqua une hémorragie intracrânienne. Une déficience visuelle ultérieure fut attribuée à cette chute. Pendant les trente-quatre années qui suivirent, il avait reçu les soins de nombre de praticiens new-yorkais, avait souffert trois épisodes de cécité, nécessitant des interventions chirurgicales. A l’école, il n’avait jamais pu voir au tableau et ne pouvait presque pas lire. Entre les âges de vingt-et-un et trente-cinq ans, il avait vu de façon presque satisfaisante. Mais depuis cinq ans, sa vision déclinait rapidement et les médecins consultés lui avaient annoncé que cette détérioration conduirait à une cécité complète. Ce qui était maintenant pratiquement le cas d’un de ses yeux.

Je constatai que de l’œil droit, il pouvait compter ses doigts à une distance d’un mètre environ tandis que l’œil gauche ne voyait que le mouvement de la main. Au cours d’un examen précédent, le Dr Bates avait diagnostiqué une cataracte inflammatoire à l’œil gauche, ainsi que d’autres manifestations inflammatoires.

 

Je lui suggérai de se remettre au palming. Il se plaignit de voir toutes sortes de couleurs, qui le dérangeaient beaucoup. Je lui demandai alors d’arrêter et de regarder la grosse lettre de l’échelle de lettres que je tenais à 30 centimètres devant lui. Après plusieurs essais, il lui fut possible d’évoquer cette lettre les yeux fermés, ce qui fit disparaître les visions colorées. Au bout d’un quart d’heure de palming, sa vision était passée de ½ dixième à presque 4/10 pour l’œil droit, tandis qu’il parvenait à compter mes doigts à un mètre de son oeil gauche. Lors de la consultation suivante, il était à 3/10 à droite et 1/10 à gauche. Au bout des deux semaine suivantes, il avait plus que doublé son acuité.

En même temps, sa santé globale s’était si profondément améliorée, que je lui demandai d’en faire un récit pour le Better Eyesight Magazine.

 

« Cela fait des années que je souffre d’insomnies, au point de rester éveillé des nuits entières. J’évite souvent de me coucher, puisque cela ne sert à rien. Lorsque je parviens à m’endormir, mon sommeil est très léger et perturbé par des rêves incroyables_ incendies, meurtres, poursuites auxquelles j’échappe à la dernière seconde. Insomnie et fatigue visuelle me causent souvent des maux de tête effroyables, parfois tous les jours et même plusieurs fois par jour, qui m’obligent à prendre des médicaments que je sais nocifs. Depuis que vous vous occupez de moi, je dors beaucoup mieux, je fais moins de cauchemars et les maux de tête ont pratiquement disparu. »

 

Cela m’encouragea à lui proposer des routines plus avancées. Sur une carte, je lui demandai de regarder une petite lettre proche de ses yeux, puis les yeux fermés, de se la rappeler et l’imaginer encore plus noire et nette qu’il ne l’avait observée. Il y parvint et les mouvements convulsifs de ses paupières disparurent. Oubliant qu’il était sourd, je lui demandai d’une voix normale : « Comment vont vos yeux en ce moment ? »

 

Il m’entendit et répondit :

« Ils sont tellement détendus que je ne les sens même plus : c’est comme si je voyais sans mes yeux. »

 

Il vint trois fois par semaine pendant trois mois, puis à mesure que sa vision s’améliorait, il espaça ses visites. La dernière fois que je le vis, il avait 3/10 de son œil gauche, et 5/10 à droite. Sa surdité s’était tellement améliorée que je pouvais lui parler de son meilleur côté, sans avoir à beaucoup élever la voix. Il était de plus débarrassé des acouphènes dont il était martelé, parfois pendant plusieurs jours de suite. Lors de ses premières visites, il ne pouvait se déplacer seul et marchait comme un homme ivre, ce qu’il semblait être, se cognant contre les obstacles. Les médecins consultés avaient diagnostiqué un début d’ataxie locomotrice. Toutefois, dès ses premières visites, il avait cessé de se cogner contre les meubles et la dernière fois que je le vis, il marchait presque normalement.

 

 

Article traduit par Eva Lothar, membre de l’Association.

 

 

 

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