La douleur : cause et traitement

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La douleur : cause et traitement

Dr. William H. Bates, février 1921 – Vol. IV, n° 2

 

Pour notre bénéfice, la Nature nous propose la douleur comme moyen d’alerte…. même si la plupart de nos maladies les plus sérieuses sont indolores au stage initial.

La douleur peut également survenir sans cause apparente autre que mentale. Cette création mentale peut induire un effet réellement destructeur sur le corps, pouvant souvent mener à la mort et encore plus souvent handicapant l’organisme dans ses efforts pour surmonter la condition qui l’a créée. Ce mécanisme de protection de la nature est en fait une épée à double tranchant qui frappe doublement ; le contrôle de la douleur est un des problèmes majeurs auquel le monde médical est confronté.

Il y a eu énormément de discussions concernant la nature de la douleur et la façon dont elle se produit : une école maintenant l’existence de nerfs spécifiques pour sa transmission, une autre stipulant qu’elle découle d’un certain degré d’irritation. Nonobstant, il peut être démontré que la douleur ne survient que lorsque l’esprit est sous tension ; dès que la tension s’apaise, la douleur s’apaise aussi. Cette tension peut trouver son origine dans une cause locale ou se produire sans aucune cause locale.

 

La douleur peut être produite volontairement par l’esprit, nous le savons depuis longtemps. Lors de mes études de médecine, le Dr T. Gaillard Thomas nous disait souvent que la douleur peut être produite dans notre petit doigt, ou ailleurs dans le corps, simplement en se concentrant sur la zone en question. Depuis, j’ai souvent démontré que la douleur peut être produite par quelque chose d’aussi simple que d’imaginer une lettre ou un objet de façon imparfaite ou bien d’essayer de fixer le regard sur un point pendant un long moment. Ces expériences ont été confirmées, lorsque les patients s’y soumettent (comme c’est inconfortable, peu s’y astreignent). Un médecin en traitement pour une vue imparfaite se vantait de n’avoir jamais eu de mal de tête ni de douleur aux yeux de toute sa vie. Je lui ai proposé de faire, pour son bien, l’expérience d’un tel mal de tête ou de douleur aux yeux. Au bout d’une semaine, il consentit à cette expérience : en quelques minutes, en essayant de fixer un point, il ressentit un mal de tête plus intéressant qu’agréable.

 

Cet effet était purement mental. Ce n’est en effet pas la tension physique exigée pour regarder un seul point qui produit la douleur, parce qu’il n’y a pas d’effort physique, l’œil étant incapable de regarder un seul point. C’est l’effort mental d’essayer de faire une chose impossible. De même que la douleur peut être produite par l’esprit sans aucune cause locale, de même elle peut être empêchée ou soulagée par l’esprit, quel que soit le degré d’irritation locale. En d’autres termes, la douleur est une interprétation mentale de certains stimuli et en certaines circonstances ces stimuli ne se traduisent pas par la douleur. Nous connaissons depuis longtemps des cas d’individus ayant eu le pouvoir d’empêcher la douleur de façon considérable. C’est cependant peut-être à moi qu’il revient d’avoir découvert que chacun de nous peut posséder ce pouvoir.

C’est seulement lorsque l’esprit est dans une condition anormale que la douleur peut être sentie, voire imaginée, et l’irritation des nerfs ne produit de la douleur que lorsqu’elle s’accompagne d’une tension mentale. Si l’esprit n’en est pas perturbé, il n’y a pas douleur ; en conséquence, si l’on apprend à éviter cette perturbation mentale, la douleur peut être évitée ou soulagée.

 

L’esprit étant toujours au repos lorsque la mémoire est parfaite, il est possible d’utiliser sa mémoire pour atteindre l’état mental nécessaire à la prévention et au soulagement de la douleur. Il est vraiment très simple de se souvenir d’un minuscule point noir ; n’importe qui peut s’en donner les moyens. Il est vrai que ceci ne peut être exécuté au moment précis où l’on éprouve la souffrance ; cependant, et c’est heureux, la douleur n’est jamais continue. Il nous est possible de voir, d’entendre, de sentir en continu mais personne ne peut souffrir en continu. Il y a toujours des moments de soulagement et c’est alors que l’on peut faire appel à sa mémoire. C’est de cette façon que la douleur du glaucome, l’une des conditions les plus terribles que la science médicale connaisse, a pu être soulagée à maintes reprises (voir l’article Better Eyesight Magazine de décembre 1920). De nombreux cas de névralgie trigéminée ont été guéris alors que plusieurs opérations réalisées pour y remédier avaient échoué. Les douleurs de l’enfantement et d’interventions chirurgicales ont pu être évitées de la même manière.

Les personnes dont la vue est parfaite n’ont aucune difficulté à utiliser leur mémoire pour prévenir la douleur. Les personnes dont la vue n’est pas parfaite ont plus de difficultés car la vue imparfaite provient d’un stress mental qu’il est souvent très difficile de soulager. Cependant, ceci peut être accompli avec l’aide d’une personne dont la vue est normale et qui sait utiliser la mémoire à cette fin.

 

Article traduit par Annie Bohen, membre de l’Association.

Revu par Eva Lothar.

 

 

 

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