'Better Eyesight Magazine' de Mars 1920 : Après l'échec des Lunettes

William H. Bates, M. D. - Magazine Better Eyesight - Mars 1920

Témoignage :  "Après l'échec des Lunettes"

Par Florence Miller

 

J’ai commencé à avoir des lunettes à l’âge de quinze ans. J’ai porté la même paire pendant sept ans. Je suis ensuite allée consulter un autre spécialiste qui m’a prescrit de nouveaux verres, sans doute plus forts ; je les ai portés pendant une année. Comme je ne me sentais pas à l’aise avec, j’ai vu un troisième spécialiste. Il m’a prescrit une nouvelle paire, que j’ai gardée quatre ans. Vers la fin de cette période, j’ai commencé à souffrir de maux de tête, légers, mais constants. Je suis retournée chez ce dernier spécialiste, qui m’a dit qu’il ne pouvait pas améliorer ma prescription. Par la suite, mes maux de têtes se sont intensifiés, me faisant parfois souffrir jusqu’au soir.

Un jour, en rentrant de l’école, mon fils âgé de dix ans, me rapporta que son enseignant lui avait dit qu’il avait besoin de lunettes. J’ai cherché une solution alternative pour éviter cela. Mon mari, médecin, m’expliqua que lors d’une conférence médicale à laquelle il avait récemment assisté, le Dr Bates avait exposé sa méthode pour remédier aux erreurs de réfraction sans avoir recours aux lunettes. J’ai emmené mon fils le consulter. Le Dr. Bates m’assura que non seulement mon fils pouvait être guéri, mais qu’il pourrait améliorer nettement sa vue dès sa première visite. Puis, il s’est tourné vers moi et m’a dit :

 

"Je peux vous guérir, vous aussi."

"Mais, je ne peux pas me passer de mes lunettes," lui ai-je répondu. "Je souffre de maux de têtes terribles lorsque je les enlève."

"Tenez-vous vraiment à être guérie ?" m’a t-il demandé.

"Je suis prête à tout."

"Dans ce cas, je suis en mesure de vous aider, et vous pourrez vous passer de vos lunettes, sans souffrir de maux de tête."

"Que dois-je faire?"

"Je voudrais que vous arrêtiez de porter vos lunettes et que vous veniez me voir tous les jours pendant quelques temps."

J’ai posé mes lunettes et ne les ai pas remises depuis. Elles ne me manquent aucunement. Je ne sais même pas où elles sont passées. Il me semble me souvenir les avoir données au docteur qui les a placées dans une vitrine renfermant d’autres trésors du même genre. Lui me certifie qu’il m’a demandé de les mettre à la poubelle, ce que j’aurais fait. Quoi qu’il en soit, depuis ce jour, je n’ai plus jamais porté mes lunettes.

 

Cette visite a eu lieu le 14 juillet 1914. Sans mes lunettes, j’ai obtenu 20/200 pour chaque œil sur l’échelle de lettres Snellen. Le docteur Bates m’a dit que j’étais myope et astigmate et que je portais des verres concaves avec une correction composée de - 0.50 (+1,50) 180°.

Cet apprentissage de la vision a été long et pénible. Pendant deux mois, j’ai consulté le Dr Bates presque tous les jours, une demie heure ou une heure chaque fois. Les deux mois suivants, j’y suis retournée deux fois par semaine. Depuis, je continue à pratiquer la méthode plus ou moins régulièrement avec l’échelle de lettres. Mais le résultat en valait vraiment la peine.

Je passais la plus grande partie des séances à simplement reposer mes yeux en les fermant ou en les recouvrant avec les paumes de mes mains. Puis, je regardais l’échelle de lettres un instant et je reposais mes yeux à nouveau. Le docteur m’expliqua que lorsque je portais mon attention sur une lettre de l’échelle et que je n’arrivais pas à voir une partie de cette lettre plus clairement que le reste, je devais regarder ailleurs immédiatement et reposer mes yeux. Il me conseilla aussi d’imaginer que je voyais mieux une partie d’une lettre, en alternant les yeux ouverts et les yeux fermés. En suivant cette méthode, je suis parvenue à parcourir toutes les lettres de l’échelle et à voir plus clairement une partie de chaque lettre, quand ma vue est devenue normale et même deux fois supérieure à la normale.

Le 20 juillet, moins d’une semaine après le début de mon traitement, j’étais en mesure de lire la plupart des lettres de la ligne du bas sur l’échelle à une distance de six mètres (20/10) et après deux semaines, j’étais capable de les lire toutes. Je n’y arrivais qu’un cours instant, mais progressivement je suis parvenue à les voir clairement plus longtemps. Le 12 août, j’ai pu constater que pour la première fois depuis plusieurs années, je n’avais pas souffert de maux de tête pendant toute une semaine. Le 2 septembre, j’arrivais à lire et à coudre aussi longtemps que je le voulais sans inconfort pour mes yeux. Lorsque je portais mes lunettes pour aller au théâtre ou au cinéma, cela me donnait toujours très mal aux yeux. Mais au lieu de me déconseiller de fréquenter ces lieux, les Dr Bates m’incita à continuer de voir des films et à les regarder de la même façon que je regardais l’échelle de lettres – c’est à dire en alternant les moments où je regardais l’écran et les moments de repos. Je devais d’abord regarder un coin de l’écran, puis me tourner vers l’obscurité de la salle, puis un peu plus au centre de l’écran, et ainsi de suite. De cette manière, j’ai rapidement pu regarder en entier des films sans aucun inconfort.

 

Depuis cinq ans, ma vue n’a cessé de s’améliorer. Mon astigmatisme était tellement fort que les lignes horizontales s’effaçaient totalement. Pour les voir, je devais incliner ma tête ou l’objet. Les portées sur une partition s’estompaient au bout de moins d’une minute. Progressivement, j’ai amélioré ma capacité à voir clairement ces lignes sur une durée de plus en plus longue et aujourd’hui, elles ne s’estompent plus du tout, sauf quand je suis fatiguée. Quant aux maux de tête, je n’en ai plus, sauf en de rares occasions, toujours liés à une indigestion ou à une névralgie.

Au printemps dernier, j’ai consulté le Dr Bates au sujet d’un ulcère de la cornée. Il a testé ma vision et, malgré mon ulcère, l’a trouvée supérieure à la normale.

 

 

 

 Traduction : Association l'Art de Voir

 


The Cure of Imperfect Sight By Treatment without Glasses, W.H. Bates, M.D. Central Fixation Publishing Co., New York City, 1920, le livre fondateur de la Méthode Bates.

 

Cet ouvrage du Dr. BATES (en anglais) est aujourd'hui dans le domaine public disponible GRATUITEMENT en e-book via notre site. Cliquez sur l'image de la couverture du livre pour le télécharger.